Le CSE d’Axa IM s’est réuni le 17 décembre 2020 afin de rendre un avis sur les orientations stratégiques pour les trois prochaines années, présentées initialement par la Direction le 23 septembre dernier. Tandis que, les années passées, nous avions droit à une présentation complète, substantielle, et chiffrée de la stratégie triennale de l’entreprise, cette année les orientations stratégiques nous ont été présentées sur une page seulement : « développer des moteurs de croissance durables », « poursuivre la simplification de nos processus », « intensifier la présence d’AXA IM sur l’ESG », et « accroître notre collaboration avec le Groupe ». Sans donner de cibles financières, la Direction réaffirme la baisse à venir de la dotation du Fonds Général du Groupe Axa et la focalisation des ressources sur les investissements alternatifs. Une question s’est posée sur la place d’Axa IM dans le plan annoncé récemment par le Groupe de réduire sa base des coûts « en absolu », en France et en Europe, de 300 millions d’euros (cliquez ici pour voir la présentation). Mais, étant désigné « moteur de croissance » du Groupe, Axa IM ne sera pas assujetti à cette réduction, ses coûts progressant même légèrement, au total, sur la période 2020-2023. Néanmoins, les coûts des fonctions « support » transverses devront être significativement réduits : la Direction annonce des économies imposées d’un montant 30 millions d’euros sur trois ans, correspondant à une baisse relative de 10% ! Les économies imposées aux fonctions « support » transverses serviront à financer l’expansion des équipes de gestion et de vente dans les domaines désormais prioritaires d’Axa IM, comme par exemple la gestion alternative, la thématique ESG, et le retail, dernière marotte en date. A noter que la Direction déclare désormais que « chaque départ est l’occasion de repenser l’organisation »…
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Le 24 novembre 2020, à l’issue du vote du CSE sur le projet d’évolution de l’organisation des équipes de Project Management, s’est posée la question de la signification exacte de la « prise d’acte » dans le contexte d’un recueil d’avis en CSE. Certains élus ont estimé que la prise d’acte équivalait à une « abstention » et ne comptait donc pas dans le départage des votes « favorables » et des votes « défavorables ». D’autres élus, ainsi que la Direction, ont au contraire estimé que la prise d’acte, n’étant pas expressément un vote « pour », était juridiquement un vote « contre ». Après vérification, une prise d’acte est en effet équivalente à un vote défavorable ! Pourquoi cette distinction est-elle importante ? Parce que dans le cas du vote en question, 7 élus seulement ont rendu un avis favorable, tandis que 10 élus ont « pris acte » : juridiquement, l’avis rendu a donc été majoritairement défavorable !
Au CSE du 24 septembre 2020, les représentants du personnel ont rendu leur avis sur la politique sociale menée par la Direction d’Axa IM en 2020. Pour motiver son avis, l’Ugict-AIM est revenue sur l’échec des négociations sur le plan d’actions 2020-2023 au titre de l’égalité professionnelle entre les Hommes et les Femmes chez Axa IM ; l’échec des négociations sur la « Prime Macron » et le refus de prendre en compte les conditions de travail des salariés assurant une permanence lors du confinement COVID-19 ; l’expiration de l’accord sur la Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences (GPEC) et le manque de négociations loyales ou de suivi réel à ce sujet ; le non-respect par la Direction d’Axa IM de l’article 77 de la Convention collective relatif à l’entretien annuel d’évaluation et les règles floues et subjectives d’évaluation professionnelle ; l’absence de tenue régulière des entretiens professionnels et des entretiens de carrière ; les réorganisations incessantes et les revirements de stratégie peu compris, contre l’avis unanimement défavorable des représentants du personnel ; les modifications unilatérales des conditions de travail, sans contrepartie significative, encore une fois contre l’avis unanimement défavorable des représentants du personnel ; le non-respect par la Direction de l’article 79 de la Convention collective relatif au licenciement pour insuffisance professionnelle ; et le refus systématique de dialogue sociale en cas de traitement des revendications individuelles des salariés. L’Ugict-AIM ainsi que l’unanimité des élus se prononçant sur la politique sociale menée par la Direction d’Axa IM en 2020 ont rendu un avis DEFAVORABLE.
Au CSE extraordinaire du 23 septembre 2020, la Direction a recueilli l’avis des représentants du personnel sur son projet de déploiement du flexwork chez Axa IM, suite à l’arrivée du GIE qui prendra 7 de nos étages. L’Ugict-CGT a surtout pointé le manque total de moyens alloués qui auraient pu permettre une chance de succès. C’est un projet dont l’objet est de faire supporter aux salariés les économies réalisées par l’employeur, soit environ 5,6 millions d’€ chaque année, dont seulement 240.000€ qui seront reversés aux salariés pour défrayer le coût du télétravail à la maison, soit seulement 4,3% des économies. C’est également un projet qui ne donne aucun moyen matériel aux télétravailleurs pour rendre le dispositif attractif, la revendication portée par l’Ugict-CGT consistant à fournir un package de matériel pour tout télétravailleur qui en ferait la demande (station d’accueil ou « docking station », moniteur PC, clavier, souris, siège ergonomique), a été refusée par la Direction. Et c’est enfin un projet d’entreprise de grande ampleur auquel tous les salariés doivent contribuer, mais sans que le seul avantage du projet – le télétravail – ne soit pour tous : tout en reconnaissant que le télétravail est bien un nouvel avantage, la Direction a refusé notre demande d’une prime de sujétion aux salariés dont la présence sur site est requise tous les jours, leur privant de facto de cet avantage en qualité de vie au travail. Le projet de déploiement de flexwork chez Axa IM suite à l’arrivée du GIE n’a aucun intérêt autre qu’économique, et ce seulement en faveur de l’employeur, de sa direction et de ses actionnaires. Il ne présente aucun intérêt pour les salariés, qui sont appelés à le financer entièrement par la dégradation drastique de leurs conditions de travail, par la contribution de leur espace d’habitation personnelle à leur employeur sans aucune contrepartie significative, par l’achat du matériel professionnel adapté à leurs propres frais, et par la soumission à un dispositif unilatéral subjectif et discriminatoire. Il est voué à l’échec. L’Ugict-CGT, ainsi que l’unanimité des élus exprimant un avis, ont rendu aujourd’hui au nom des salariés un avis collectif DEFAVORABLE à ce projet.
Dès le 30 avril dernier, la Direction d’AXA IM a annoncé aux salariés par courriel que seul un petit nombre de « volontaires » reviendrait travailler à Majunga à partir du 11 mai. Elle a évoqué aussi, dans un podcast du 6 mai dernier, l’importance de revenir sur site. Dans un même temps, très récemment, la Direction nous disait aussi que le télétravail avait été une réussite et que la productivité des salariés d’AXA IM n’avait pas faibli durant la période de confinement. Mais alors, pourquoi « un petit nombre » de salariés « volontaires » devrait-il revenir à Majunga ? L’Ugict-CGT avait demandé très tôt, lors de la CSSCT du 10 avril 2020, une prime de risque pour les salariés (des services généraux) ayant assuré une permanence sur site lors du confinement, et a réitéré cette demande lors des négociations sur le « Prime Macron 2020 » (voir notre tract), qui sont toujours en cours. La Direction en a dores et déjà refusé au seul motif que ces salariés sont « volontaires ».
Après plusieurs réunions extraordinaires CSE et CSSCT, la Direction a recueilli l’avis du CSE sur son plan de déconfinement en séance du 20 mai 2020. L’Ugict-CGT a appuyé l’avis FAVORABLE de la majorité, sous réserve de recevoir, comme promis par la Direction en séance, des plans de tous les étages avec les modifications convenues, des informations sur les postes de travail aménagés selon les préconisations du Médecin du travail, ainsi qu’un suivi régulier de présence par étage sur site avec le CSSCT élargie. Le Flexwork est supprimé. Un guide validé par le CSE a été établi par la Direction et complété par les représentants du personnel. L’Ugict-Cgt a été force de proposition via la secrétaire de la CSSCT et a apporté un grand nombre de compléments à ce guide, notamment le respect du volontariat limité et au cas par cas ; pas de surcharge de travail ; décalage des plages horaires pour prendre en compte le rallongement du temps de transport ; prise en compte de l’impact du télétravail sur la santé des salariés ; la gestion stricte des déplacements ; et une communication claire à destination des salariés.
Au CSE du 7 mai dernier, la Direction d’Axa IM a partagé (oralement) les premiers éléments de son plan de déconfinement (pas de support écrit présenté en séance) : Aucun changement par rapport à l’existant, pour la semaine du 11 mai (pas prêts) ; des salariés volontaires seront sollicités pour être des « cobayes » pendant la période d’ « expérimentation » allant du 18 mai au 2 juin ; un kit, avec notamment 2 masques, sera remis à chaque salarié à l’entrée de l’immeuble ; pas de modification des postes de travail, la Direction estimant que l’exigence de 4 mètres-carrés annoncée par le gouvernement se conçoit comme un « cercle » dont le rapport entre la circonférence et le diamètre est un nombre irrationnel qui respecte déjà cette distance dans les plans d’étages actuels. L’Ugict-CGT a marqué son avis défavorable au volontariat, sauf au cas par cas ou de façon très limitée comme c’est le cas depuis le 16 mars et jusqu’à aujourd’hui (seulement une trentaine de salariés sur site), et a demandé de poursuivre le télétravail pour les salariés Classes 1 à 7 jusqu’au 2 juin, avec un retour progressif et alterné des salariés uniquement après une consultation du CSE avec l’appui d’un expert indépendant. L’Ugict-CGT a également demandé une véritable distance de 4 mètres-carrés entre chaque poste de travail, malgré toute considération trigonométrique de “cercle” qui a guidé les calculs de la Direction, ainsi que la suppression des petits espaces (salles de réunion, bulles, phone booths…). L’Ugict-CGT a enfin demandé l’engagement des négociations sur les conditions de travail des salariés post-déconfinement au titre de la Négociation Annuelle Obligatoire (NAO) 2020.
Lors du CSE du 30 avril 2020, la Direction a fait un point sur la formation professionnelle au sein d’Axa IM : bilan 2019 et budget 2020. Annonce choque : « Compte tenu du ralentissement de l’activité formation en présentiel sur la première moitié de l’année le budget formation a été conjoncturellement adapté par rapport au budget 2019 », la Direction a-t-elle déclaré, avec un plan de formation pour 2020 en baisse de plus de 30% par rapport à l’année dernière. L’Ugict-AIM rappelle que ce « budget global » est composé, d’une part, d’une contribution obligatoire de l’employeur (1% de sa masse salariale) à l’organisme extérieur pour la formation professionnelle (OPCABAIA) et, d’autre part, le « plan de formation Axa IM », c’est à dire le reste du budget qui est réellement dépensé pour les salariés au sein de l’entreprise. En 2019 par exemple, 57% du budget est parti à l’OPCABAIA et 43% est resté en interne. Le montant du budget du plan de formation 2020 annoncé au CSE est, pour la première fois de l’histoire, inférieur à la contribution obligatoire 1% OPCABAIA. Le focus du « talent development » se résume à des elearnings ou formations générales standards (« réglementaire et sécurité », « adaptation au changement », « transformation digitale », « investissement responsable »…) qui ne coûtent pas grande chose. Ce choix de réduire la formation présentielle « métier » se fait déjà sentir au niveau des salariés qui se plaignent que leurs demandes de formation sont systématiquement refusées pour manque de budget ou restent éternellement sans réponse.
